Introduction au renforcement positif:
L'historique de l'entrainnement au renforcement positif.
Au Québec, de plus en plus de "nouvelles méthodes", sans collier étrangleur, nous sont offertes pour éduquer et entraîner nos chiens. Un petit regard sur l'histoire nous permet de découvrir que le concept de renforcement positif a été introduit en 1852 !
H. W. Horlock
En 1852, époque où la méthode de punition la plus populaire chez le chien était le fouet, Knightley William Horlock. Horlock fut le premier à prôner les vertus de l’entraînement au renforcement positif dans son ouvrage Letter on Management of Hounds. Dans cet ouvrage, il décourage l’utilisation des punitions corporelles et vante les vertus de l’utilisation de friandises pour l’entraînement des chiens. Un événement marqua M. Horlock à tout jamais. Il travaillait avec un chien très agressif et, plus il le fouettait, plus celui-ci était agressif. Il a jeté le fouet par terre et a appelé le chien par son nom. Celui-ci est venu vers lui et lui a léché les mains. Il n’a plus jamais utilisé le fouet après cet événement.

B.F. Skinner
B.F. Skinner n’était pas un éducateur canin mais un chercheur. Il fut pourtant le premier à expliquer comment façonner un comportement en utilisant le renforcement positif. En 1951, dans son article, How to Teach Animals, il explique l’utilisation d’un objet qui fait un bruit sec (clicker) afin de marquer un comportement désiré. Skinner venait alors de développer la méthode du clicker qui, 40 plus tard, créa une révolution dans le domaine de l’entraînement des chiens.
L. F. Whitney
LF Whitney, un vétérinaire, fut le premier, en 1961, à présenter la technique du clicker dans le domaine de l’entraînement des chiens grâce à son ouvrage Dog Psychology : The Basis of Dog Taining.
Malheureusement, l’ouvrage de Whitney n’eut pas le succès escompté. La méthode du clicker fut pourtant utilisée chez les animaux de spectacle, de télévision/cinéma et pour entraîner les mammifères marins.

Karen Pryor et Ian Dunbar
Karen Pryor, une entraîneure de mammifères marins redonna un second souffle à l’entraînement au clicker chez les chiens. C’est en 1985 qu’elle publie son célèbre livre Don’t Shoot the Dog qui explique l’utilisation du renforcement positif chez les animaux et humains. En 1992, elle publie le manuel d’entraînement A Dog and a Dolphin qui eut un grand succès dans le domaine de l’entraînement des chiens.
Ian Dunbar, un vétérinaire de renommée mondiale, a également grandement contribué à la découverte des méthodes d’entraînement au renforcement positif grâce à ses séminaires, livres et vidéos.
Le renforcement positif aujourd’hui
Les méthodes n’utilisant pas de corrections sont de plus en plus utilisées et adoptées dans le domaine de l’entraînement des chiens. Aux Etats-Unis, Canada, Angleterre et en Australie, les méthodes n’utilisant pas de corrections sont en train de détrôner l’entraînement traditionnel. L’APDT, la plus grande association mondiale d’éducateurs canins compte des entraîneurs au renforcement positif en grande majorité. En Grande-Bretagne, l’APDT UK a une politique stricte interdisant à ses membres d’utiliser le collier étrangleur.
De plus en plus d’éducateurs canins utilisent le renforcement positif au Québec. Dans notre province, la Compagnie du Chien prône les méthodes positives et organise chaque année le Chienposium, une rencontre annuelle sur l’éducation canine et la relation humain-chien.
Il n’y a pas que les chiens de maison qui soient entraînés aux méthodes sans corrections. Plusieurs écoles de chiens-guides et d’assistance ainsi que des académies de chiens de police (surtout en Angleterre) ont abandonné le collier étrangleur depuis longtemps.
Plusieurs institutions carcérales offrent des programmes où des prisonniers apprennent à entraîner les chiens grâce à des méthodes utilisant le renforcement positif. Ces programmes apprennent à ces hommes et femmes à contrôler leurs émotions et se valoriser en entraînant des chiens pour des bonnes causes, que ce soit des chiens d’assistance ou des chiens de refuge ayant besoin de rééducation. Les programmes d’entraînement de chiens dans les prisons sont très efficaces dans la réhabilitation des criminels.

Le renforcement positif est également utilisé dans le milieu du cinéma. Beethoven, Jerry Lee (K-9), les chiens des 101 Dalmatiens, Rex (à Série+) et même le célèbre cochon Babe ont été entraînés grâce à la méthode du clicker.
Dans le domaine des animaux domestiques, la technique du clicker ne se limite pas que pour entraîner les chiens. Alexandra Kurland enseigne l’entraînement au clicker aux chevaux depuis le milieu des années 90. Grâce à la méthode du clicker, elle a entraîné Panda, un cheval miniature qui est guide pour une personne non-voyante.
Dans le domaine des refuges, la SPCA de San Francisco compte une académie qui forme des éducateurs canins. La directrice de l’académie est Jean Donaldson qui a œuvré longtemps à Montréal (Renaissance Dog Training). Ce refuge donne également des cours de groupe au public grâce à la méthode du clicker. Tout en éduquant le public sur les méthodes au renforcement positif, l’académie et les cours d’éducation canine sont une source importante de revenus pour cette SPCA qui peut être plus en mesure d’aider les animaux qui en ont besoin.

La Delta Society est une organisation internationale ayant pour but de promouvoir le lien humain-chien par le biais des chiens d’assistance et de zoothérapie. De plus, elle prône le bien-être des chiens en encourageant l’utilisation de méthodes sans corrections. La Delta Society et est un centre de référence pour ceux qui sont dans le domaine des chiens d’assistance et de zoothérapie.
Deuxième partie de l'introduction au renforcement positif : l'application actuel des concepts.
Ce texte a ét écrit par notre regrétée amie et collaboratice, Andréanne Lanoue.