La route de l'espoir

Route de l’espoir


Je rédige cet article juste après avoir envoyé un dernier courriel donnant des détails au conducteur. Détails qui garantiront l’arrivée à bon port de notre précieuse cargaison.

Transfert vers où, qu’expédiez-vous, des marchandises…
On pourrait le croire puisque la chose a été laissée pour contre.
Mais cette marchandise a un cœur, ressent les choses et a beaucoup d’amour à donner.
Depuis le début de janvier, les membres du groupe de sauvetage des CAACQ faisaient tranquillement leur travail, expédiant des chiens en Ontario. Au début, ce n’était quelques animaux au deux ou trois semaines, puis le nombre d’animaux abandonnés a augmenté et le nombre d’expéditions aussi.
Que se passait-il ? Peut-être que le long hiver décourageait les gens d’adopter ? Les choses changeraient avec l’arrivée du printemps.
Le printemps est arrivé et rien n’a changé.
Les membres des CAACQ ne pouvaient plus répondre à la demande croissante. Il fallait trouver une solution pour offrir un refuge aux animaux de compagnie abandonnés que leurs propriétaires avaient rejetés. Certains avaient des motifs valables, un décès, un divorce, la maladie mais, pour la plupart, un simple changement du style de vie et l’animal de la famille dérangeait…
L’euthanasie a longtemps été la solution appliquée pour résoudre le problème de surpopulation d’animaux de compagnie.
Au Québec, on fait l’autruche lorsqu’il s’agit du problème de surpopulation d’animaux de compagnie. Les dirigeants des municipalités ne sont pas intéressés par la question car « l’argent du contribuable n’est pas dépensé à bon escient »; le gouvernement provincial nous a offert Anima Québec pour apaiser les activistes de la cause animale et le gouvernement fédéral, une bureaucratie énorme.
Rien ne fonctionne pour réduire le nombre d’animaux de compagnie non désirés.
Alors, quel est le problème ?
Le manque de volonté et d’empathie est au cœur de la crise actuelle.
Lorsque vous passez votre carte de crédit dans le lecteur pour payer ce nouveau chiot ou chaton, vous signez la condamnation à mort de centaines d’animaux, qui, sans que ce soit leur faute, se retrouvent sur la table d’euthanasie ou pire encore…
Brutal me dites-vous ! Non, pas vraiment, je mets en évidence la réalité à laquelle nous faisons face chaque jour.
L’ironie, c’est que les chiens que nous exportons en Ontario sont adoptés à un rythme que nous n’oserions jamais rêver au Québec. 

Les croisés sont toujours ignorés alors, quand je choisis les chiens à exporter, je vais donner à la race « précieuse », à celui qui semble plus vieux ou qui a été ignoré à cause de ses imperfections la meilleure possibilité de trouver un foyer…

Il semble que les Torontois se foutent qu’une oreille ne soit pas dressée ou qu’une queue soit croche ou que l’animal ne soit pas en « parfaite condition ».  La perfection n’est pas de ce monde et ils ne la recherchent pas. Ils veulent un bon chien de famille. On peut donc qualifier les Torontois de gardiens. Des gardiens qui vont chérir, prendre soin et accepter cet animal de compagnie comme un membre de la famille.

Pour de nombreux Montréalais, la 401 est un long voyage pour rendre visite à la famille et aux amis qui demeurent à Toronto.

Pour ces animaux de compagnie chanceux, c’est la route de l’espoir, le voyage d’une vie.

S’il vous plait, adoptez et si votre animal de compagnie n’est pas stérilisé, prenez rendez-vous aujourd’hui.

Faites partie de la solution et non du problème.

Johanne Tassé
Fondatrice des CAACQ   
www.caacq.ca

P.S. Malheureusement, des chats sont entassés dans des entrepôts partout au Canada et euthanasiés par milliers. Si vous avez des chats devenus sauvages dans votre voisinage, ne les nourrissez pas, faites-les plutôt stériliser.





 

 

 


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