S’AMUSER AVEC SON GPS
Alors que nous n’y croyions plus, voilà que l’été est enfin revenu. Quelle meilleure occasion pour découvrir de nouvelles activités à pratiquer à l’extérieur, activités permettant souvent de découvrir des endroits où nous n’aurions jamais pensé mettre les pieds (les pattes)? Si le GPS est d’abord et avant tout un bon outil d’orientation, il n’en demeure pas moins qu’il peut se transformer en un équipement de loisirs et il n’est pas question ici des jeux électroniques proposés sur certains modèles.
Depuis l’abolition du brouillage des ondes satellites en mai 2000, plusieurs jeux nécessitant l’utilisation du GPS ont vu le jour. Nous jetterons dans un premier temps un coup d’oeil sur les moins connus d’entre eux avant de s’étendre sur celui qui demeure (et demeurera sans doute) le plus populaire, la chasse au trésor du XXIe siècle: le géocaching. Encore une fois, nous garderons le ô combien plus intéressant pour la fin. S’il y a une activité qui justifie l’achat d’un GPS, c’est bien celle là!
Bien que certains de ces jeux puissent paraître anodin et répétitifs, ils ont souvent le mérite de nous amener au-delà des endroits connus, aidant par le fait même à ne pas toujours arpenter les mêmes rues, le même quartier, une variété que nos amis quadrupèdes doivent apprécier plus que nous ne le soupçonnons.
LES MOINS CONNUS
On les retrouve sur le site GPSgames et leur pratique nécessite un abonnement gratuit afin de compiler les statistiques et pointages des joueurs.
GeoVexilla
Un jeu mondial de «capture du drapeau». Le joueur choisit sur une carte de GoogleMaps la région où il souhaite jouer puis rafraîchit la carte en question qui se peuple alors aléatoirement de drapeaux des pays du monde. Le but du jeu est simple. Une fois que les drapeaux sont visibles sur la carte, le joueur décide lequel il ira capturer. Pour ce faire, il suffit de se rendre à l’emplacement géographique représenté par le drapeau, à plus ou moins cent mètres. À noter que si pour ce faire il est nécessaire de s’aventurer sur un terrain privé, il est demandé de changer de cible.
Une fois que le joueur a réussi à se rendre sur place, il peut aller enregistrer sa «découverte» sur son profil. Le premier drapeau trouvé lui vaut alors un point puis c’est là que les choses se corsent. À partir du moment où le premier drapeau trouvé a été enregistré, le site de GeoVexilla choisira automatiquement les drapeaux de quatre autres pays à trouver pour compléter la mission. Le joueur doit alors repérer ces drapeaux sur la carte et se rendre là où ils se trouvent avant qu’ils ne soient effacés par le système (les drapeaux ont une durée de vie d’environ 15 jours) ou encore, s’ils ne sont pas accessibles, il peut, après avoir complété quelques missions, échanger des drapeaux trouvés lors de missions précédentes avec d’autres joueurs de par le monde. Il est également possible de prendre des drapeaux d’une mission précédemment remplie pour compléter celle en cours.
À la fin de chaque mois, le joueur qui a amassé le plus de points à ce jeu est déclaré vainqueur.
Le géodashing
Semblable au jeu du GeoVexilla, le géodashing se déroule également sur une période de un mois. À chaque mois, un ordinateur génère de par le monde toute une foule de points géographiques nommés des «dashpoints». Le but demeure de s’approcher du plus grand nombre de dashpoints en un mois (toujours à plus ou moins 100 mètres) puis d’aller enregistrer sa visite sur le site en y décrivant ce qu’on y a vu, en racontant les prouesses qui ont été nécessaires pour atteindre notre but. Les photographies sont appréciées mais non obligatoires.
Non nécessaire, le jeu d’équipe est toutefois encouragé pour la pratique de cette activité. En effet, il est possible de contacter jusqu’à quatre autres joueurs pour mettre ses découvertes en commun et ainsi augmenter les chances de découvrir un plus grand nombre de dashpoints.
Le géogolf
Ça commence à devenir répétitif mais... le joueur reçoit par courriel un certain nombre (9 ou 18) de points géographiques (ou trous) à visiter situés autour d’un point central qu’il aura lui-même choisi. Le but du jeu consiste encore une fois à se rendre le plus près possible de chacun des trous puis à aller enregistrer les résultats (en mètres) sur le site de GPSgames qui s’occupera de convertir le tout en nombre de coups; plus le «géogolfeur» s’est approché d’un trou, moins grand sera le nombre de coups. Comme au golf, le joueur ayant frappé le moins de coups pour compléter son parcours remporte la victoire.
Shutter Spot
Tout le contraire du géodashing, cette fois les endroits à visiter n’ont pas été choisis aléatoirement par un ordinateur mais par d’autres utilisateurs. En effectuant une recherche pour une région de son choix, le joueur devrait voir apparaître à l’écran de son ordinateur une ou des photographies prises par d’autre joueurs. Le but du jeu: découvrir (à plus ou moins 100 mètres) les coordonnées géographiques de l’endroit où se trouvait le photographe lorsqu’il a pris la photo. C’est le shutter (obturateur) spot! Simple mais pas facile.
Géopoker
Oui, un poker GPS! Ce poker utilise des cartes virtuelles qui doivent être trouvées sur le terrain. Pour piger une carte, le joueur doit soi se rendre à un point géographique donné (plus ou moins 100 mètres), ce qui lui confère une carte au hasard (jeu basé sur un code d’honneur), soi trouver un contenant physique dans lequel se trouve un code qui devra être entré sur le site de geopoker, action résultant également à l’obtention d’une carte. Après quoi le joueur ayant trouvé la «carte» devra à son tour aller la cacher à un autre endroit pour que les autres joueurs partent à sa recherche. La carte (virtuelle ou physique) sera déplacée 52 fois après quoi le joueur avec la meilleure main gagnera.
Nous venons de voir cinq jeux créés pour le GPS, cinq jeux semblables qui requièrent des déplacements à des endroits donnés, souvent aléatoires. Il en existe un sixième, minutewar, un autre jeu de capture du drapeau et de conquête de territoires, toujours sur GPSgames, mais les règles de ce jeu changent selon chaque partie. Nous passerons donc outre. Et puis il est temps de s’attaquer au gros morceau des jeux GPS, très probablement celui qui est le plus pratiqué et le plus connu.
LE GEOCACHING
La genèse
Nous l’avons vu précédemment, le 1er mai 2000 le gouvernement américain débloquait les ondes satellites afin de rendre accessible à tous la technologie GPS. Le 3 mai, Dave Ulmer, consultant en informatique, eu l’idée de tester cette précision nouvellement acquise en allant cacher un contenant dans une forêt près de Portland et en publiant ensuite les coordonnées sur un groupe de discussion sur les GPS afin que d’autres utilisateurs de GPS puissent le trouver. Dans le contenant se trouvaient différents objets ainsi qu’un journal de bord et un crayon. La règle était simple: que ceux qui trouvaient le contenant y prennent quelque chose, y laissent autre chose en échange et signent le carnet de bord. Au bout de trois jours, deux personnes trouvèrent le contenant en question, dans les semaines qui suivirent plusieurs autres personnes firent de même et on commença même à cacher d’autres contenants de ce type de par le monde. Le géo (terre) caching (du mot français «cache») venait de naître.
Huit ans plus tard, l’activité est pratiquée de par le monde par des milliers de joueurs, tantôt placeurs, tantôt chercheurs. Au Québec seulement, on dénombre 10 810 géocaches de différents types. Certaines peuvent se trouver en terrain accidenté comme au milieu d’une forêt ou dans le grand nord, plusieurs se trouvent en milieu urbain. Assis sur un banc de parc? Peut-être une géocache se trouve-t-elle sous vos fesse.
Pour savoir où se trouve la cache la plus près rien de plus simple, il suffit de se rendre sur le site www.geocaching.com et de s’inscrire (gratuitement, il est possible de payer 30$ annuellement pour avoir certains avantages non nécessaires à la pratique de l’activité) et de faire une recherche par code postal, les caches se trouvant dans les parages apparaîtront alors à l’écran.
La page d’une cache comprend quelques informations laissées par son propriétaire. On retrouvera donc, outre les coordonnées géographiques, des détails sur la grosseur du contenant, un coefficient de difficulté de une à cinq étoiles (qui représente la difficulté à trouver la géocache), un autre sur le terrain (une étoile étant un terrain accessible aux personnes à mobilité réduite) et jusqu’à douze attributs représentés par des pictogrammes: accessible en hiver ou pas, conseillée aux jeunes enfants ou non, stationnement à proximité ou encore chiens permis ou interdits entre autres. Quelques fois, un indice codé pourra aussi être consulté dans la description de la géocache. Une fois toutes ces informations consultées et les coordonnées entrées dans le GPS, on est prêt à partir à la chasse au trésor.
On se laisse guider par le GPS puis à mesure que l’on approche du but, le GPS doit faire place à l’instinct du chercheur. N’oublions pas qu’il y a toujours une marge d’erreur de quelques mètres, l’appareil ne nous amènera donc pas (ou très rarement) directement sur la cache. Une fois sur le terrain la discrétion est bien entendu de mise. On cherche avec les yeux d’abord en se demandant «à la place du cacheur, où aurais-je placé la géocache?» On retourne les pierres, observe les branche des arbres, fouille les trous, en désespoir de cause on dit au chien «trouve la cache!» et ce dernier nous regarde d’un air ahuri. Une fois le contenant trouvé, la règle est simple: signer le journal de bord, si on prend un objet on le remplace par un autre. On referme le contenant et on le replace là où on l’a trouvé
Parfois le chercheur mettra la main sur une pièce de monnaie spéciale appelée géopièce où encore sur un objet auquel est attachée une plaquette sur laquelle est gravé un numéro de série, il s’agit du travel bug. Ces objets ont comme particularité qu’ils ont été laissés dans une cache pour voyager, leurs numéros de série permettant à leurs propriétaires de suivre leurs déplacements de par le monde. Ils ne doivent donc pas être gardés longtemps et ne sont pas sujet à la règle de l’échange.
De retour à la maison il ne faut pas oublier de retourner sur la page de la géocache trouvée pour signaler la découverte (ou l’échec). Un petit récit de la chasse est bien le moindre que l’on puisse faire pour la personne qui s’est donné le mal d’aller placer la géocache pour nous attirer dans un endroit qu’il voulait nous faire découvrir.
Les différents types de géocaches
La traditionnelle
Comme la première qui a été cachée à Portland: des coordonnées, un contenant aux coordonnées. On trouve, on échange, on signe, on recache. Représenté par une boîte verte sur le site internet.
La multi-cache
Selon la règle officielle, lorsqu’il est question d’une multi-cache c’est que les coordonnées publiées sur le site mèneront le géocacheur à une première cache dans laquelle se trouvent les coordonnées pour une deuxième cache, ainsi de suite jusqu’à la cache finale. Dans les faits, les géocacheurs utilisent souvent cette catégorie de cache pour créer un parcours éducatif ou informatif. Ainsi, plutôt que de partir à la recherche d’une série de caches, le chercheur partira plutôt à la recherche d’une série d’indices (plaques commémoratives, bâtiments, etc.) qui, au bout de quelques calculs, donneront la coordonnée finale de la géocache. Représentée par deux boîtes jaunes sur le site internet. (Exemples de multi-caches: La Prairie et La Citière)
La cache mystère
«Les coordonnées affichées sont bidons, ne vous y rendez pas.» C’est souvent la première phrase que l’on remarquera sur la page d’une cache mystère, puis suivra une énigme que le chercheur devra résoudre afin de trouver les véritables coordonnées. Certaines sont simples, d’autres relèvent de la folie, chose certaine il y en a pour tous les goûts. Représentée par un point d’interrogation sur le site internet. (Exemples de caches mystère: A Nightmare (micro cache) on Elm Street et Un party du jour de l’An)
Les caches event
Parce que les membres de toutes les communautés aiment bien parfois se rencontrer, les caches event (ou caches événement) sont des rassemblements organisés et annoncés sur le site de géocaching. Comme pour toute géocache, l’endroit de rassemblement est souvent donné par ses coordonnées géographiques. C’est l’occasion d’échanger entre mordus et, pourquoi pas, faire quelques géocaches en groupe. Dans la même catégorie on retrouve les mega-event, même chose mais dans le cas où au moins 500 personnes participent. Un tel événement doit avoir lieu cet été à Québec dans le cadre des fêtes du 400e. Représenté par un phylactère sur le site.
CITO (Cache In Trash Out) Event
Le CITO devrait idéalement être pratiqué par chaque géocacheur lors de chaque sortie. En fait il devrait être pratiqué par tout citoyen responsable mais hors du géocaching il ne serait question que de TO. Comme son nom l’indique, cette pratique consiste à partir à la recherche d’une cache (Cache In) et à en profiter pour ramasser les déchets qui peuvent se trouver dans les environs de la cache (Trash Out). Parfois un groupe de géocacheurs en fait un événement, une rencontre entre géocacheurs dans le but évidemment de trouver quelques caches en groupe mais surtout de faire le ménage d’un secteur donné.
La hearthcache
Cette fois pas de boîte au bout de la course mais plus de connaissances, ce qui est un trésor en soir. La hearthcache (cache de la Terre) amène le chercheur à découvrir un site géologique exceptionnel et à en apprendre plus à ce sujet. Pour réclamer la découverte de la cache, le géocacheur aura habituellement à envoyer des photos de l’endroit à la personne qui a créé la cache ainsi qu’à répondre à une série de question dont les réponses peuvent être trouvées sur place.
La cache Whereigo
Il s’agit de la dernière née du géocaching, ce ne sont pas tous les GPS qui peuvent être utilisés. Est-ce un hasard si ce type de cache a vu le jour en même temps que Garmin lançait le seul GPS (pour l’instant) à être compatible? Qu’à cela ne tienne, on dit des caches Whereigo qu’il s’agit d’un mélange de livre dont vous êtes le héros et de géocaching. L’auteur de la cache commence par composer une aventure interactive qu’il mettra ensuite en ligne sur le site internet afin qu’elle soit disponible pour les joueurs qui la téléchargeront sur leur GPS Colorado de Garmin ou sur tout autre ordinateur de poche ayant des capacités de récepteur GPS. On dit alors que le joueur pourra interagir sur le terrain avec des éléments de l’histoire, parler à des personnages virtuels, etc.
Le concept est encore très nouveau et... nébuleux pour ceux qui ne l’ont jamais essayé (ce qui est le cas de l’auteur de ces lignes).
Les types de géocaches qui sont mais qui ne seront plus
Lors des premières années du géocaching, il existait d’autres types de caches dont la «production», ou la possibilité d’en produire, a été abandonnée. Celles qui existaient existent toujours mais il n’y en aura plus de nouvelle. Parmi celles-ci notons la locationless (sans location) qui, comme la shutter spot de GPSgames demandait au chercheur de trouver les coordonnées d’un endroit spécifique plutôt que de l’envoyer à cet endroit à l’aide de coordonnées.
La cache virtuelle
Comme pour la heartcache, il n’y a pas de contenant à trouver aux coordonnées indiquées, l’endroit où mènent les coordonnées est la récompense; comme pour la heartcache, le géocacheur aura à prouver sa visite des lieux par une photo ou en répondant à des questions. Évidemment, il faut que l’endroit en question en vaille vraiment la peine. Peut-être est-ce parce que la chose est trop subjective que ce genre de géocache ne verra plus le jour. (Exemple de cache virtuelle: GardeParc’s Picture)
La cache webcam
Pour ceux qui aiment vraiment se compliquer la vie! Pas de contenant à trouver ici non plus mais une webcam. En effet, les coordonnées mènent le géocacheur à un endroit où se trouve une webcam et pour prouver sa découverte ce dernier devra se faire filmer par l’appareil et envoyer une copie de l’image au propriétaire de la cache. La partie ardue est de contacter quelqu’un qui ira sur le site internet où son transmises les images pour en garder une copie.
ASSEZ DE THÉORIE!
Nous avons vu qu’il existe différents jeux conçus pour le GPS. En bout de ligne ils ont tous en commun une chose: ils amènent les joueurs à se déplacer en des endroits précis. Certains sont d’une simplicité totale, d’autres demanderont un peu plus d’efforts physiques ou intellectuels de la part de ceux qui les pratiquent. Si les uns amèneront les joueurs à des endroits choisis au hasard, d’autres les amèneront à des endroits souvent choisis pour leurs intérêts. C’est particulièrement vrai du Shutter Spot et du géocaching. En bout de ligne il arrive que le véritable trésor soit la découverte d’un paysage intéressant ou d’un bel endroit où pique-niquer près d’un ruisseau. Gardez en tête que la récompense ultime demeure l’exercice accompli et le plaisir d’une promenade en un nouvel endroit.
Et maintenant assez de théorie, allons jouer dehors!
Par Claude Trudeau